Coudre le Princess Coat de Charm Patterns

Même si je n’ai pas été très active sur le blog ces derniers temps, ma machine à coudre a tourné à plein régime. J’ai suivi assidûment mon planning de couture d’automne et j’ai ajouté plusieurs nouvelles tenues à ma garde-robe, qu’il est grand temps de vous présenter. Commençons par la pièce la plus technique : mon Princess Coat de Charms Patterns.

Mes sources d’inspiration

Si vous lisez ce blog depuis un certain temps, vous savez probablement que j’adore le style New Look des années 1950, incarné par Christian Dior.

Cette beauté est la veste Bar, créée en 1947 mais que je n’ai découverte qu’en 2019 à l’exposition V&A « Christian Dior : Designer of Dreams« . Cette exposition a été une immense source d’inspiration en matière de couture. Cette veste en particulier s’est vraiment démarquée comme quelque chose qui serait extrêmement utile dans ma garde-robe.

Puis Gertie a publié son patron de Princess Coat, avec son incroyable version fuschia:

Enfin Serena a réalisé cette superbe veste pour la demi-finale du Great British Sewing Bee 2021, il y a quelques mois :

Les étoiles étaient alignées: il me fallait cette veste!

Une longue préparation avant de coudre mon Princess Coat

Il s’agit d’une pièce assez technique à coudre, donc je vous conseille vivement de prendre beaucoup de temps pour la préparation – il m’a fallu des mois pour m’y mettre !

ETAPE 1: Se procurer le patron

Le patron du Princess Coat est disponible à l’achat sur le site Charm Pattern ; il peut donc sembler un peu idiot de se demander comment l’acheter.

Cependant, je refuse désormais catégoriquement d’imprimer des patrons PDF à la maison qui dépassent les 12 pages. Celui-ci fait près de 200 pages, plus un livret d’instructions de 76 pages, au secours! L’alternative d’importer le patron papier des États-Unis semblait absurdement chère.

Au final (et après des mois de réflexion), j’ai acheté le patron en PDF, fait imprimer les feuilles de patron A0 (8) par NetPrinter et imprimé le livret d’instructions à la maison. Cela dit, la version papier du patron est maintenant disponible sur minerva.com au Royaume-Uni, et c’est certainement l’option que j’aurais choisie si elle avait été disponible à l’époque.

ETAPE 2: Lire attentivement le livret d’instruction

Le livret du Princess Coatest une mine d’or. Je vous recommande donc vivement de le lire en entier et le plus tôt possible dans le processus.

ETAPE 3: Choisir la version souhaitée

Le Princess Coat est proposé:

  • en trois longeurs: courte, péplum, sous le genou
  • avec trois options de manches : lanterne, cloche ou tailleur
  • avec deux options de col: avec ou sans encoche

ll est donc essentiel que vous vous décidiez sur la combinaison qui vous plaît avant de commencer la couture.

Mon Princess Coat est de longueur péplum avec des manches cloches, exactement comme la version fuschia portée par Gertie. Mon objectif était d’obtenir une veste de poids moyen que je puisse porter avec mes robes 50’s en automne, avec suffisamment d’aisance pour mettre un gilet en laine dessous.

ETAPE 4: Acheter les fournitures et le tissu

Vous aurez besoin de pas mal de fournitures spécifiques à la confection d’un manteau, comme de l’entoilage Weft, de la toile et de l’organza de soie. Vous pouvez facilement vous les procurer sur E-Bay ou Etsy mais je vous recommande de tout avoir sous la main avant de commencer votre manteau. Rien n’est plus frustrant que de devoir arrêter de coudre juste parce qu’il vous manque un tout petit bout d’organza.

En ce qui concerne le tissu, je suis habituellement une grande fan des achats en ligne, mais cela n’a pas du tout fonctionné cette fois-ci. Je voulais un tissu en pure laine mauve, de poids moyen et bien fluide ; et j’ai commandé de nombreux échantillons pour atteindre ce Saint Graal. Les échantillons m’ont donné une bonne idée de la couleur et du poids, mais ils étaient trop petits pour évaluer le drapé. Finalement, j’ai passé une matinée sur Goldhawk Road (pourquoi n’y suis-je pas allée avant !!!) et j’ai trouvé ce superbe tweed de laine chez Misan Fabrics, ainsi que la doublure parfaitement assortie. La photo de gauche est plus fidèle à la couleur de la laine que celle de droite.

En ce qui concerne l’achat de tissu, sachez que le métrage recommandé est indiqué par fourchettes de tailles plutôt que pour chaque taille, donc si vous êtes en bas de la fourchette, vous aurez beaucoup trop de tissu. Comme la laine n’est pas bon marché et que ce manteau consomme BEAUCOUP de tissu, j’aurais du utiliser mes pièces de patrons pour une estimation plus précise du métrage requis – je le ferai certainement la prochaine fois.

ETAPE 5: Faire une toile

Le livret d’instructions insiste sur le fait qu’une toile est indispensable – et moi aussi ! Il s’agit d’un vêtement très ajusté, cousu dans un tissu assez coûteux. La réalisation d’une toile basique ne vous prendra pas plus de 30 minutes, un investissement de temps tout à fait rentabilisé s’il vous évite de coudre un vêtement importable.

J’ai en fait cousu deux toiles, car la première était si serrée sous les bras que je pouvais à peine bouger (c’est un problème que je rencontre souvent, pas du tout la faute du patron). J’ai aussi réussi à enlever un peu d’aisance à la taille, pour rendre ​la ligne plus ajustée sans compromettre le confort.

Revue du patron Princess Coat: points positifs, points négatifs et modifications

J’ai vraiment adoré coudre ce manteau. J’étais terrifiée à l’idée de commencer à couper ma précieuse laine et de me perdre dans un processus très complexe, mais… tout s’est en fait déroulé sans problème !

Il y a beaucoup d’aspects de ce patrons que j’aime:

  • L’ajustement est fantastique. Sur la base de mes mensurations (FR36/ UK8/ US2 et bonnet E), j’ai choisi une taille 4 et un bonnet B/C. J’ai réduit la largeur de la taille de 1cm de chaque côté et j’ai obtenu l’aspect ajusté mais pas inconfortable que j’aime. Le patron propose des options de bonnets de poitrine, ce que je considère toujours comme un point positif majeur.
  • La silhouette est superbe. Je recherchais ce style de manteau depuis un certain temps et je suis heureuse d’avoir attendu. C’est le premier patron qui présente une silhouette ajustée et évasée aussi bien définie – regardez ce dos!
  • Les instructions sont si claires que si vous les suivez pas à pas, le processus de couture est vraiment agréable.
  • Ce manteau est l’occasion parfaite de découvrir de nombreuses techniques de tailoring, que personellement je ne connaissais pas.

Quelques points négatifs mineurs:

  • Comme je l’ai dit précédemment, j’aurais aimé que le métrage de tissu soit indiqué pour chaque taille plutôt que pour deux gammes de tailles (2-10 et 12-20), car cela implique une grande quantité de tissu gaspillé si vous êtes en bas de la gamme de tailles (j’ai acheté 3,40 m et n’ai finalement utilisé que 2,50).
  • La fixation de la doublure au manteau péplum nécessite beaucoup de couture à la main, totalement inutile et bien moins soignée que la couture à la machine selon moi. Il y a quelques années, j’ai cousu le manteau Ernest de République du Chiffon et j’ai suivi ce merveilleux tutoriel pour joindre la doublure (faites défiler vers le bas jusqu’à la section sur la doublure). Je n’ai jamais trouvé de meilleure technique depuis.
  • Les boutonnières sont realisées en toute première étape pour le tissu exé rieur, mais plus tard pour le revers, lorsque le revers et le manteau sont joinsensemble. Cela rend le processus assez compliqué. La prochaine fois, je finirai l’integralité de mes boutonnières au début de la couture.

J’ai apporté très peu de modifications personnelles au patron :

  • J’ai réduit la taille de 1 cm de chaque côté, pour rendre le manteau plus ajusté.
  • J’ai augmenté l’ouverture sous les manches de 2 cm, parce qu’aucun patron ne semble jamais avoir assez de place pour moi à cet endroit.
  • J’ai coupé ma pièce de tissu du milieu du dos sur le pli, car je ne vois vraiment pas l’intérêt d’avoir deux pièces de tissu au lieu d’une seule ici.
  • Pour le péplum, j’ai utilisé la pièce de patron du parement pour le parement et pour l’extérieur, car le parement ne comprend qu’une seule pièce de patron alors que le tissu extérieur en compte 6 je crois- pourquoi ?
  • J’ai utilisé une technique différente pour joindre la doublure au manteau.

Conclusion: prête pour en coudre un autre!

Comme vous l’avez compris, je suis absolument ravie de ce manteau. J’ai vraiment apprécié le défi de m’attaquer à des techniques de couture un peu plus difficiles, et je suis aux anges avec le résultat. Maintenant, j’aimerais bien une version longue avec des manches lanternes, mais laissez-moi quelques mois pour choisir le tissu…


Une réponse à “Coudre le Princess Coat de Charm Patterns”

  1. gazelle dit :

    Jolie réalisation.
    J’avais bien repéré moi aussi ce modèle mais l’association manches volumineuses et grand col sur mon 1.52 m’a paru hasardeuse .
    La veste Bar est magnifique . J’ai pu l’admirer par deux fois (rétrospectiive à la maison d’enfance à Granville et l’expo aux Arts Déco comme vous) . Je serais bien
    prête pour une troisième !
    Bonne journée

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